La zone humide de Sidi Boughaba

29/06/2012

Les éléments de paysage, de tranquillité et de démocratie structurent l'attractivité du site

Le développement d'un indicateur culturel pour les zones humides méditerranéennes

Un travail sur le suivi des services écologiques a été conduit entre janvier et juin 2012 dans le site de Sidi Boughaba, petite zone humide côtière située au nord de Rabat au Maroc, classée en 1951 et labélisée Ramsar en 1980. Cette étude a été guidée par l'Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes, en partenariat avec l'Université de Casablanca, l'ONG SPANA (Société Protectrice des Animaux et de la Nature) qui gère le site dans le cadre d’une convention avec le Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification et l'ONG Med-Ina (Institut Méditerranéen pour l’Anthropos (l’Homme) et la Nature). Elle a pour objectif de tester la faisabilité d'un nouvel indicateur culturel des zones humides méditerranéennes, en particulier leur rôle éducatif et touristique. Ce travail a combiné un recensement quantitatif des visiteurs entre 2002 et 2012 et une enquête qualitative ouverte auprès de 110 visiteurs, avec une proportion de 80% venus pour des raisons touristiques et 20% pour des raisons éducatives.

Un attrait local indéniable

Depuis plus de 10 ans, le site accueille entre 50000 et 80000 personnes par an pour des visites journalières. L'attractivité du site et de ses services est importante dans un rayon de 25 kilomètres. Environ 73% des visiteurs sont déjà venus au moins 5 fois.

L'écologie n'est pas le premier critère de choix

Les premiers critères de visite observés sont la recherche de tranquillité (27% des visiteurs), d'un lieu récréatif (22%), d'un lieu "démocratique" (15%), d'éducation (contrat d'école - 14%) et de pique-nique (11%). L'attrait écologique est surtout recherché comme toile de fond et reste un élément de contexte. Le lac, les oiseaux et la verdure sont perçus comme les trois composantes naturelles favorables et indissociables du paysage. Néanmoins, les éléments de la biodiversité qu'ils soient ordinaires (canards, hérons, etc.) ou emblématiques (sarcelle marbrée, foulque à crête), ceux de l'écosystème et de la culture locale sont peu mentionnés.

L'intégrité paysagère, un acquis à préserver pour maintenir et développer l'attractivité de la zone humide

Concernant les éléments de contexte de la visite, la nature reste l'attrait dominant exprimé par les visiteurs. 27% la cite comme l'intérêt principal et 41% y associent plusieurs paramètres tels que la nature, le paysage, l’air pur, le lac, les oiseaux, les randonnées, la visite de l'exposition. Dans ce fort développement urbain côtier qui caractérise la zone de Rabat-Salé, il est donc important de conserver cette oasis de verdure et, en particulier, l'intégrité paysagère qui en fait sa principale attractivité.

La gestion  du site : bâtir sur l'attractivité pour améliorer les services récréatifs et éducatifs

Les modules d'éducation et la visite guidée de l'exposition montrent leur fort impact sur les visiteurs en termes d'acquis de connaissance sur les oiseaux, la végétation et le lac. En revanche, seuls 10% de ceux qui se rendent sur le site -sans bénéficier de ces services- ont acquis au moins un élément de connaissance. Ces derniers représentent plus de 60% des visiteurs, aussi la promotion des connaissances sous une forme plus adaptée à leurs besoins permettrait de mieux valoriser les services écologiques du site. D'autant que cette promotion est souhaitée, comme l'amélioration des services du site tels que la sécurité, le contrôle par des gardes forestiers, des tables, un parc de jeu, un coin café/kiosk, un meilleur accès à l'eau potable et aux sanitaires.

 

Pour en savoir plus :

Fatima zahra Najjar: najjar.fati@gmail.com
ou
Laurent Chazee: chazee@tourduvalat.org