Engager la société civile dans la gestion intégrée de l'eau en région Sud et Est de la Méditerranée

09/01/2012

La région de la Méditerranée Sud et Orientale est une des régions les plus pauvres en eau où  la consommation annuelle dépasse les ressources renouvelables. Les zones humides qui contiennent une partie importante de ces ressources ont été détruites au cours du siècle passé, à cause du manque de reconnaissance de leur importance et de leur valeur. Ainsi, de nombreuses communautés vivant près de ces marais se sont appauvries et sont souvent mises à l’écart des procédés de prise de décisions et de planification de cette ressource.
C’est pourquoi Wetlands International, financé par l’ACDI (Agence Canadienne de Développement International), a mis en place un projet pour améliorer la participation de la société civile au dialogue avec les gouvernements en charge des zones humides et de la gestion de l’eau.

Ce projet régional, vient de prendre fin et lors de sa table ronde de clôture en décembre 2011, les partenaires ont pu démontrer les résultats suivants :

En Tunisie, l’INAT (Institut National Agronomique de Tunis) s’est appliqué à :

  • construire par un dialogue entre les partenaires locaux, un consensus et un outil spatial d’aide à la décision sur l’allocation de la ressource en eau en tenant compte à long terme des besoins des écosystèmes du Lac Ichkeul.
  • informer et former les différents groupes d'intérêt (incluant des femmes) en milieu rural sur l'importance d’une bonne gestion de la ressource et permettre de mettre en place des systèmes de collecte d’eau de pluie dans des villages dépourvus d’accès à l’eau.
  • conduire une évaluation économique préliminaire de l’écosystème Ichkeul qui a permis d’appuyer l’importance des écosystèmes dans la création de l’outil de décision.

Au Maroc, le WWF MedPO (Programme Méditerranéen du WWF, bureau du Maroc) et l’ABHS (l'agence de bassin hydraulique du Sébou) ont développé :

  • un protocole d'évaluation et de suivi du statut écologique des eaux de surface du bassin du Sebou, premier bassin hydrographique du Maroc et l’élaboration d’un guide à destination des techniciens de l’agence.
  • le renforcement de l’implication de la société civile, en particulier les ONG et les Universités, dans l’élaboration de ce protocole en dialogue avec l’ABHS.
  • évaluer le potentiel de réplication de ce projet avec les autres agences de bassins du Maroc.

En Jordanie, le projet mis en place par la RSCN (Société Royale pour la conservation de la Nature) a permis de:

 

  • étudier l'impact du barrage sur les écosystèmes de la rivière de Mujib, situé en amont d’une réserve naturelle et définir un plan de gestion de cette réserve intégrant la gestion de la ressource avec tous les partenaires gestionnaires impliqués.
  • impliquer la population locale dans des activités de démonstration agricoles écologiques pour pérenniser la ressource en eau et préserver sa qualité.
  • développer la mise en place de programmes de sensibilisation liés à la gestion de cette ressource auprès d’écoles et d’universités.

Pour finir, les résultats de ces projets ont été présentés lors du forum Méditerranéen de l’eau qui a eu lieu à Marrakech, le 19-20 décembre 2011, et adoptés comme étant une solution concrète permettant d’influencer la gouvernance de l’eau en Méditerranée. Ces résultats seront également présentés lors du forum d’Agadir organisé par Medwet du 6-8 février 2012 et feront l’objet de démonstration pratique et de discussion lors de la session thématique sur l’importance d’une approche des écosystèmes humides dans la gestion de l’eau.

Dans l'avenir, Wetlands International, à travers son programme méditerranéen se réjouit de poursuivre sa coopération avec ses partenaires régionaux et nationaux pour aider à une meilleure gestion des ressources en eau en Méditerranée.

Pour plus d’infos : www.wetlands.org/medwetwat