Interview de Mr. Imed Attig, président de l’Association ETE+ en Tunisie

09/01/2012

1. En quoi le printemps arabe a changé la donne pour la société civile et en particulier pour les associations intéressées par l'environnement et le développement durable?
Un printemps florissant qui  a créé un changement radical en faveur d’une liberté d’expression, d’innovation et de création d’idées et de projets ; vraiment une sensation de liberté , chaque association à le droit de mieux gérer  ses affaires , ses plans et ses programmes ; une autonomie et une libre de gouvernance sans aucune pression ou obligation. Le défit, c’est de préserver ces nouveaux acquis, qu’ils soient viables et  pérennes.

2. Quelles sont, à votre avis, les opportunités qui s'ouvrent, mais aussi les écueils à éviter pour que ces initiatives de la société civile puissent être consolidées et reconnues de manière durable?
A mon avis, la grande opportunité est de saisir le nouveau contexte pour l’émergence et  l’épanouissement de la société civile sur son entourage et pour la  création et le développement des partenariats qui puissent bénéficier à l’ensemble de réseaux d’associations œuvrant dans  le domaine de l’environnement et la nature. C’est aussi d’encourager chaque initiative innovante  tel l’initiative du Réseau Associatif pour la Nature et le développement en Tunisie (RANDET) et le  Groupe Eco-constitution, qui est un groupe d’écologistes militants travaillant sur des considérations environnementales et écologiques qui devraient être prises en compte lors de l’’élaboration de la  nouvelle constitution.

C’est aussi une occasion de coopérer avec les  autres  ONG et associations  locales, régionales et aussi internationales sur les sujets d’environnement  et de développement durable. La création d’une plateforme d’échange d’expériences, d’idées et de projets  permettrait d’encourager la communication, la concertation et la circulation de l’information auprès de tous les intervenants en matière de préservation,  valorisation et gestion durable des sites naturels notamment les zones humides .
 
Il est aussi utile de renforcer les capacités et les moyens financiers, humains et matériels de la société civile et d’assurer la formation de leurs dirigeants et de leurs membres aux concepts de préservation, valorisation et création de projets viables.

Toutefois, les écueils et les obstacles sont importants. La politique environnementale en Tunisie  est un relativement éloignée de la réalité de terrain, de nos souhaits et de nos attentes. Beaucoup d’incohérences et de lacunes empêchent ou démotivent la volonté des défenseurs et des amoureux de l’environnement et de la nature à poursuivre leurs actions pour leur meilleure préservation. Parmi ces écueils on peut citer la faible priorité politique accordée à l'environnement  et le manque ou l’absence de stratégie particulière et spécifique entre toutes les parties prenantes dans le domaine  de la  préservation et la sensibilisation environnementale.

Les autres difficultés résident dans la faible sensibilité de la société aux valeurs environnementale et le faible poids des considérations environnementales dans le système éducatif tunisien. Ces deux dimensions sont néanmoins des axes stratégiques très importants pour accélérer les changements de comportement, en particulier pour les générations futures et ainsi développer un sentiment d’appartenance à un groupe local et national avec des responsabilités partagées.

3- Plus spécifiquement sur les zones humides, quels sont les enjeux pour lesquels la société civile pourrait s'investir et de quelle façon ?
Face aux enjeux environnementaux actuels dans les zones humides, l’implication de l’ensemble des acteurs et  l’entretien d’un dialogue constructif avec tous est essentiel, y compris avec les acteurs économiques et les pouvoirs publics. C’est dans ce contexte que la société civile peut s’investir on contribuant  à l’élaboration de nouveaux textes légaux et stratégiques, en encourageant le mécénat et en incitant les associations à « parrainer » une zone humide délaissée, dégradée ou mal entretenue. Elle peut jouer le rôle de catalyseur pour faire  impliquer la population locale à la gestion des zones humides et ce pour leur entretien, préservation et mise en valeur en créant de sources d’empois et encourager le tourisme écologique au sain de ces zones qui sont à la fois un attrait éco touristique et un moyen de développement durable .
Un moyen efficace pour préserver et valoriser Les zones humides ; c'est le tourisme durable, en particulier l’éco-tourisme, adhérons-y….

Pour plus d’information, contacter Mr. Imed Attig, président de L’association ETE+: ALET@gnet.tn