Lacs, étangs, lagunes, marais, ruisseaux… Tous ces noms nous sont familiers mais peu de gens les connaissent sous le nom de « zones humides », espace de transition entre terre et eau.
Les zones humides se rencontrent partout, sous tous les climats, dans tous les pays (sauf en Antarctique). Dans la région méditerranéenne, il existe une diversité de milieux humides dont les plus communs sont les marais temporaires, les lacs, les réservoirs, les cours d’eau, les deltas et les lagunes.
Figurant parmi les plus riches écosystèmes de la planète, ces zones humides sont d’un intérêt exceptionnel. En Méditerranée, elles abritent des milliers d'espèces animales et végétales endémiques de la région, c’est-à-dire que l’on ne trouve nulle part ailleurs . De plus leurs écosystèmes assurent directement – et gratuitement ! - les besoins de millions de personnes. L’homme bénéficie donc non seulement de l’utilisation directe des ressources des zones humides mais aussi de leurs fonctions et des services qu’elles offrent au quotidien.
Pourtant jusqu’à récemment - et ce malgré d’importants efforts réalisés ces dernières décennies - les zones humides étaient considérées comme des endroits « inutiles » ou « insalubre », plutôt que comme des milieux riches et indispensables à la survie de l’Homme. Les zones humides restent donc parmi les écosystèmes les plus menacés du monde, à cause essentiellement des activités humaines.
Toutefois des exemples de succès montrent qu’il est possible de renverser la tendance au niveau local. Par exemple, plusieurs centaines d’hectares de zones humides en Camargue ont été restaurées au cours des 20 dernières années. On peut noter également que le développement de zones humides artificielles (réservoirs, lacs, oasis, rizières), même si elles n’ont pas une valeur fonctionnelle équivalente aux zones humides naturelles, permettent un certain retour de biodiversité et des services productifs, récréatifs et culturels.
Les zones humides méditerranéennes en chiffres :
- Italie : sur les 3 millions d’hectares de zones humides existantes à l’époque des Romains, il n’en subsiste que 190 000 hectares aujourd’hui |
(1) Cf. Millenium Ecosystem Assessment : Ecosystems and human well-being : wetlands and water (synthesis)